Le yoga devient-il trop commercial ?

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Depuis les années 70, on constate un engouement de plus en plus important pour le bouddhisme et la culture asiatique. L’ Occident, en crise, recherche un courant de pensée privilégiant l’expérience personnelle sur les dogmes, en lien étroit avec les notions périphériques de non-violence et d’écologie.
Ainsi, on dit qu’aux Etats-Unis, le nombre de pratiquants augmenterait de 30% chaque année. Mais, le yoga, ainsi importé à l’ouest, ne deviendrait-il pas trop commercial ?

Les produits dérivés du yoga se multiplient : coussins, vêtements, DVD... On compte 124 marques déposées sur ces accessoires.
L’émission de nombreux brevets sur la pratique ancestrale indienne a, d’autre part, provoqué un véritable tollé. Par exemple, l’indien Bikram Choudhury, installé à Los Angeles depuis 1973, a fait fortune en brevetant son "yoga bikram". Ce "yoga-sauna" est particulièrement apprécié des stars. Madonna, Keanu Reeves, ou encore Elle Macpherson en seraient fan. Seulement, voilà, breveter des asanas créés en 2500 avant JC, ça n’est pas du tout du goût du gouvernement indien. Il a alors mis en place une équipe de 200 chercheurs ayant pour mission de créer une base de données certifiant toutes les positions et techniques connues du yoga. Le but est de créer une "Encyclopédie électronique de la médecine traditionnelle indienne" (TKDL).
Et pourtant, Bikram Choudhury est loin d’être le seul à profiter de la nouvelle tendance. On trouve pas moins de 150 copyright liés au yoga. Le Yoga Journal, aux États-Unis, affirme même que la pratique rapporterait 5,7 milliards de dollars par an.

Comme l’offre dépend de la demande, et que celle-ci est exponentielle, il a fallu s’organiser. Ainsi, il existe une multitude d’associations ou de fédérations de yoga en France. Celles-ci permettent, entre autre, de devenir professeur de yoga.
En effet, il n’existe pas de diplôme d’Etat de professeur de yoga, alors les fédérations servent d’intermédiaires pour trouver quelqu’un dont la compétence est reconnue. Généralement, la formation se fait en quatre ans, ce qui permet d’acquérir les notions fondamentales de la discipline. D’autres stages, moins sérieux, délivrent un diplôme après 9 semaines (et quelques fois encore moins !).

Parmi les détracteurs à ce nouveau créneau, on relève que le yoga ainsi pratiqué s’apparente plutôt à du fitness. On est loin de la discipline alliant, certes, exercices corporels, mais aussi méditation et travail spirituel. Pourtant, même en Inde, des gourous y trouvent leur intérêt.
Ainsi, à Mysore (à 150 km de Bangalore), se dresse l’un des centres de yoga les plus importants. Les occidentaux y viennent nombreux pour obtenir un diplôme. Mais pour cela, il faudra fournir beaucoup de travail... et beaucoup d’argent.


Marie Koenig pour www.buddhachannel.tv

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